Que faire après avoir reçu un rapport d'enquête sur un fournisseur chinois ?
Question
Je viens de recevoir un rapport d'enquête sur un fournisseur chinois. Il contient des dizaines d'informations : données du registre du commerce, structure de l'actionnariat, décisions de justice, alertes sur les risques d'exploitation, etc. Honnêtement, c'est trop d'informations à la fois, et je ne sais pas comment les transformer en décisions d'achat concrètes. Existe-t-il une méthode pour distinguer les indicateurs déterminants de ceux qui ne sont que des éléments de contexte ?
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Recevoir un rapport de plusieurs dizaines de pages sans savoir comment l'utiliser, c'est très fréquent. Je classe en général le contenu d'un rapport en trois niveaux : les « critères éliminatoires », les « critères d'évaluation clés » et les « éléments de contexte ».
Un « critère éliminatoire », c'est un point qui, s'il est présent chez le fournisseur, exclut toute coopération. Par exemple : statut de la société révoqué ou annulé ; société ou représentant légal inscrit sur la liste des débiteurs défaillants (breach of trust) avec plusieurs procédures d'exécution forcée ; sanctions administratives lourdes ou infractions graves. Si ces problèmes existent, le risque est extrêmement élevé, et en cas de problème de qualité par la suite, vous risquez de ne jamais récupérer votre argent.
Le deuxième niveau regroupe les « critères d'évaluation clés », qui demandent une analyse globale. Si plusieurs points importants ne sont pas au niveau attendu, mieux vaut renoncer à la collaboration. Je retiens généralement les éléments suivants : un nombre d'affiliés à la sécurité sociale trop faible ; un capital social libéré égal à 0 ; l'adresse d'immatriculation (un immeuble de bureaux ou une zone industrielle ; chez les intermédiaires, c'est presque toujours un bureau, alors que les fabricants se trouvent plutôt en zone industrielle ou en périphérie) ; des changements fréquents de nom ou d'adresse (comportement à haut risque) ; le type et le nombre de litiges judiciaires (si la société est surtout défenderesse et en situation d'impayés, prudence).
Le troisième niveau, ce sont les « éléments de contexte », utiles pour départager plusieurs fournisseurs qualifiés. Après avoir reçu le rapport d'enquête, je regarde surtout : le nombre d'appels d'offres auxquels la société a répondu et remportés (indicateur de son dynamisme et de sa solidité), le nombre de licences administratives (signe de conformité et de stabilité), le nombre de certificats de qualification, la notation fiscale, l'enregistrement au crédit import-export, ainsi que le nombre de droits de propriété intellectuelle (une progression régulière de ces droits laisse penser que l'entreprise tourne bien).
Questions fréquentes
Si le rapport d'enquête sur le fournisseur ne révèle aucun problème, puis-je passer directement commande pour coopérer ?
Il n'est pas conseillé de passer immédiatement des commandes importantes. Le rapport prouve seulement que les informations commerciales et registrales sont conformes ; il ne confirme pas la capacité de production réelle de l'usine. Mieux vaut prévoir des tests sur échantillons ou une visite d'usine sur place avant de finaliser la commande.
Le rapport d'enquête indique que le fournisseur a un antécédent de manquement de confiance. Peut-on continuer à coopérer ?
Cela dépend du type et de la gravité du manquement. S'il s'agit d'un petit litige déjà clos, on peut l'évaluer avec prudence ; s'il s'agit d'impayés importants avec exécution forcée en cours, mieux vaut changer de fournisseur, le risque est trop élevé.
Après avoir reçu le rapport de due diligence du fournisseur, faut-il le réexaminer régulièrement ?
Oui, un examen régulier est nécessaire, idéalement une fois par an. La situation d'une entreprise évolue, et cela permet de détecter tôt de nouveaux litiges ou anomalies d'exploitation afin d'éviter des pertes de paiement plus tard.